28.

La MG-B s’engagea sur l’autoroute déserte à travers les nuées de lumière blanche des hauts lampadaires.

Comme il avait été trop tard pour prendre un train, Ari était rentré chez lui, avait cherché dans l’annuaire les coordonnées de Pascal Lejuste à Figeac puis, après avoir essayé en vain de contacter l’intéressé, avait emballé quelques affaires en quatrième vitesse, récupéré les clefs de la décapotable et quitté Paris.

Une fois sorti de la capitale, il s’était demandé s’il n’aurait pas dû prévenir la police de Figeac afin qu’ils envoient des agents chez cet homme pour vérifier qu’il était encore en vie. Mais il eût alors risqué de se compromettre et surtout, il fallait bien l’admettre, Ari ne pouvait résister à cette impérieuse nécessité de continuer lui-même l’enquête. Jamais, de sa vie, il n’avait ressenti un tel besoin de vengeance. Il savait combien ce sentiment était stupide et bas, combien son entêtement était dangereux, déraisonnable, mais Paul était mort et Ari était devenu incapable, justement, de se raisonner. Rien ne l’arrêterait tant qu’il n’aurait pas mis la main sur les responsables de ce meurtre abominable.

La mâchoire serrée, il filait droit sur la quatre-voies, les mains crispées sur le volant.

Avec 135 kilomètres/heure de pointe environ, le trajet risquait d’être un peu long, mais c’était toujours mieux que d’attendre un jour de plus. Ari espérait seulement que le moteur de sa vieille anglaise ne le lâcherait pas au beau milieu de nulle part.

Il écoutait en boucle sur son autoradio d’époque la cassette qui restait toujours dans l’appareil ; une compilation des Creedence Clearwater Revival qu’il connaissait par cœur. La voix plaintive de John Fogerty se mariait à merveille à l’ambiance étrange de ce départ impromptu dans l’obscurité d’une nuit d’hiver.

Une fois passé le premier péage, il profita du trajet pour faire le point. Ari ne réfléchissait jamais aussi clairement que quand il était au volant de sa MG. Le bruit du moteur, les vibrations de la capote, le son nasillard des vieux haut-parleurs, rien ne pouvait le déconcentrer. Au contraire, c’était comme si ce vacarme l’aidait à plonger au plus profond de ses pensées.

Compilant tous les éléments qu’il avait, il essaya d’établir une hypothèse. Il y avait encore de nombreuses failles, néanmoins il était en mesure d’envisager une première théorie et d’y voir plus clair.

Comme à son habitude quand il tentait de résoudre une énigme, Ari respecta un principe que lui avait enseigné son père, à l’époque où il était entré à l’école de police. Celui du rasoir d’Ockham.

Ce mode de raisonnement, qui relevait davantage de la philosophie et de la science que des méthodes policières, datait du XIVe siècle, mais Jack Mackenzie lui avait toujours répété que, à ce jour, on n’avait rien trouvé de mieux pour éviter de s’éparpiller sur des pistes trop nombreuses. En vérité, utiliser la philosophie d’un moine franciscain du Moyen Âge plutôt que la technologie moderne de la police scientifique n’était pas pour lui déplaire.

En énoncé de ce principe, on prêtait à Guillaume d’Ockham la formule selon laquelle les entités ne doivent pas être multipliées par-delà ce qui est nécessaire. L’idée était de s’astreindre au principe de parcimonie et d’exclure la multiplication des raisons et des démonstrations à l’intérieur d’une construction logique, comme si, justement, l’on passait une lame de rasoir sur tout ce qui était superflu.

Appliquée à la résolution d’une énigme policière, la démarche consistait à chercher d’abord l’hypothèse la plus simple et à ne pas en utiliser de nouvelles tant que celle déjà énoncée suffisait. Ainsi, Ari avait appris que, lorsqu’on avait plusieurs solutions possibles à un seul problème, la plus simple était très souvent la meilleure. Mais aussi la plus élégante.

Il aimait donc se référer à ce principe et était capable de parler de Guillaume d’Ockham pendant des heures, avec une passion qui dépassait l’entendement… ce qui amusait beaucoup Lola, laquelle y voyait la marque d’un snobisme désuet, mais charmant.

En réalité, de nombreux aspects de la vie de ce moine le fascinaient.

Tout d’abord, Guillaume d’Ockham était considéré comme l’ancêtre du nominalisme, une école de philosophie à laquelle Ari était particulièrement sensible : pour les nominalistes, seul le particulier existe, alors que le concept d’universalité n’est qu’une invention humaine, une commodité artificielle créée pour mener à bien une réflexion. Cette notion répondait parfaitement au pragmatisme d’Ari qui préférait se fier aux faits plutôt qu’aux concepts et qui fuyait comme la peste cette tendance si humaine à vouloir tout généraliser.

Ensuite, Ari était naturellement attiré par l’anticonformisme du moine franciscain qui, comme lui, faisait figure de vilain petit canard dans le milieu où il évoluait. Ockham avait été surnommé le « vénérable initiateur » par ses pairs, parce qu’il n’avait pu achever son inceptio – les études donnant le titre de docteur –, interrompu par une convocation du pape qui l’accusait d’hérésie. Attaqué de toutes parts en raison de ses positions radicales, il avait même été obligé de fuir Avignon pour trouver refuge à Munich, aux côtés de Louis de Bavière.

Enfin, bien qu’il fût moine franciscain, la fascination d’Ockham pour la science et la raison l’avait poussé à affirmer, longtemps avant que n’existe le concept de laïcité, qu’il devait y avoir une séparation franche entre la raison et la foi. Pour Guillaume d’Ockham, il ne devait pas y avoir de hiérarchie entre la science et la théologie et, surtout, la première ne pouvait devenir servante de la seconde. Il considérait en conséquence que le pouvoir religieux ne devait pas se mêler de politique, ce qui, bien évidemment, n’avait rien fait pour apaiser la colère papale. Ari, pour qui le concept de laïcité était absolument fondamental, avait donc une sympathie toute particulière pour ce précurseur.

Ainsi, une fois de plus, il décida d’appliquer le principe du rasoir d’Ockham pour tenter d’unifier le plus simplement les différents éléments dont il disposait.

Un groupe de personnes – et non pas un tueur unique – certaines identifiables au tatouage qu’ils avaient sur leur avant-bras, avait organisé les meurtres de trois hommes. Ces crimes avaient été visiblement commis par une femme, probablement membre de ce groupe, à moins que les assassins n’aient volontairement laissé de fausses pistes pour tromper les enquêteurs. Les trois victimes étaient d’anciens compagnons du devoir. L’un d’eux, Paul, se sentant menacé, avait tenté de prévenir Ari en lui envoyant un document qui devait être lié au mobile de ces meurtres. Mackenzie s’étant alors penché sur l’affaire, ce groupe de personnes avait d’abord tenté de l’intimider, puis avait fouillé son appartement, peut-être pour retrouver ce document envoyé par Paul. Un indicateur anonyme avait alors mis Ari sur la piste de la prochaine victime ; cela, il ne pouvait encore en être sûr, mais tout au moins était-ce son pressentiment. Quant à l’identité de l’expéditeur, il ne devait pas écarter la possibilité que cela fût le ou les meurtriers eux-mêmes, soit pour le défier, soit pour le lancer dans une mauvaise direction.

Ainsi, trois zones d’ombre se dégageaient.

D’abord, que signifiait ce tatouage en forme de soleil noir, qui étaient les responsables de ces crimes, et y avait-il réellement une femme parmi eux, exécutrice directe des trois meurtres ?

Ensuite, quel était le mobile de ces homicides ? Contrairement à ce que laissait entendre l’article du Parisien, Ari était persuadé qu’il ne s’agissait pas d’actes insensés commis par un ou une psychopathe, mais bien de crimes crapuleux liés, d’une façon ou d’une autre, au carnet de Villard de Honnecourt ou à un document s’y rapportant.

Enfin, quel était le lien de Mona Safran avec toute cette histoire ? Le fait qu’elle se fût présentée comme une amie de Paul Cazo et qu’elle habitât dans une ville liée de près à l’histoire de Villard de Honnecourt ne pouvait pas être une coïncidence. Faisait-elle partie du groupe responsable de ces meurtres ? Était-elle la femme impliquée par les analyses ADN de la DIPJ de Versailles ?

Beaucoup de questions sans réponse se bousculaient dans la tête d’Ari, mais au moins avait-il des pistes. Le téléphone du grand blond à faire analyser, le soleil noir, un symbole qu’il était certain d’avoir déjà vu quelque part, et cette Mona Safran, à qui il n’avait certainement pas fini de poser des questions. Et pour finir, il était certain d’en apprendre davantage s’il retrouvait Pascal Lejuste à Figeac. Il espérait simplement qu’il serait là à temps.

 

Le rasoir d'Ockham
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